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Sorrel Smith & Massimiliano Mocchia Di Coggiola

Si vous avez participé à quelques soirées Burlesque sur Paris, vous avez forcément croisé ce fabuleux couple, original et unique. Nous les avons rencontrés dans leur appartement parisien afin qu'ils répondent à quelques questions pour le plaisir de tous.

CDC : Bonjour, Comment allez vous ? Bien merci, nous allons commencer, alors tout d'abord première question: Etes-vous Burlesque ou pas ?

SS: Je dirai que nous sommes Burlesque dans notre mode de vie un peu exagéré.

Sorrel & Massimiliano

CDC : Comment vous est venue cette passion pour le Burlesque ?

SS : Personnellement cela me vient de mes années passées aux Etats Unis. A san Francisco il existe plusieurs communautés dans les modes rétro, et cela sans aucune exantricité.
MMdC : Comparé à la France et Italie, les américains acceptent mieux, j'ai découvert le burlesque ici à Paris, en Italie cela revient peu à peu mais ce n'est pas trop originel. Ici je préfère plus les années 20-30 pas trop 50, les grands éventails, les paillettes, plus c'est ancien, plus j'apprécie.

CDC : Pourriez-vous nous parler un peu de votre passé, avez-vous toujours eu une allure si originale ?

SS : heu...heu... On peut dire que j'ai eu un passé quelque peu mouvementé. Je suis passée par plusieurs styles différents, en commencant par le punks, puis le gothique. En Californie, il existait un style gothique assez différent qu’ici. L'image du gothique à Paris reste plutot sale : des jeunes en jeans noir avec un rat sur l’epaule. Là-bas on souhaitait ressembler plutot aux Victoriens en deuil. Quand je suis arrivée à Paris, je portais des grands bonnets, toujours le même style qu'aux USA, poussé à l'excès. En voulant vivre comme aux années 1880, je portais un corset tous les jours. Mon corps a même changé à cause des mes tenues. Enfin je suis arrivée aux années 20-30, nettement plus chic, et plus émancipé. Il ne s'agit pas d'un besoin de conformité. A l'âge de 15 ans j'étais complètement punk, donc à partir de là, plus rien ne me faisait peur. Je ne prête pas attention aux remarques, etc... je ne m'en rends même plus compte.
MMdC : Je m'habille comme cela plus ou moins depuis toujours. Je tiens cela de ma famille, c’est donc quasiment traditionel. Mon père m'a appris toutes les règles de la garde-robe masculine, noeuds papillons et de cravates, etc... Il m'a plus ou moins encouragé dans ce sens, malgré le fait qu'il ait déjà trouvé mon style un peu "too much".

Sorrel & Massimiliano

De plus, même ma grand mère fait attention à son style, et au mien aussi ! L’idée que je puisse sortir sans veste est impensable pour elle. J'ai vécu à Turin à ses cotés pendant sept ans pour mes études, en histoires de l'art. Comparé à la France, il existe une grande tradition de l'élégance en Italie : une passion rependue pour les costumes sur mesure existe encore. Je ne porte plus de jeans depuis l'age de 15 ans et j'en suis fier. En plus, j'ai toujours été très libre, par conséquent j'ai pu développer une sorte d'indépendance vestimentaire et artistique.

CDC : Sorrel, vous dessinez, d'oû votre engagement dans le Dr Sketchy en France, Maximilien vous l'aidez dans ses projets, l'entente entre vous est elle toujours harmonieuse ? Qui est le plus fantaisiste des deux ? Nous reviendrons sur le Dr Sketchy en fin d'interview si vous le souhaitez bien.

SS : Notre entente est parfaite, nous sommes tous les 2 artistes, et l'on ne s'ennuie jamais, nous nous trouvons délirant. Dans l'art nous faisons des choses différentes, chacun dispose de son univers artistique, donc il n'y a pas de rivalité entre nous.

 

CDC : Pourriez vous nous décrire une journée type de votre vie ?

MMdC: Cela commence vers onze heures, midi : je réveille Sorrel, je lui apporte un petit café, et nous prenons le petit déjeuner et déjeuner en meme temps (rires...). Nos après-midis sont dédiées aux differents métiers artistiques, et aux commandes que l'on a en cours. Sinon, lorsqu’on a un peu de temps libre, nous rencontrons nos amis et  nous nous promenons également - nous sommes des grands flâneurs. Nous revenons souvent avec pleins de livres. Nous sortons énormément le soir, pour rentrer vers 3-4 heures, d'où notre rythme de vie un peu décalé. 
Enfin, le week-end nous faisons les puces de la Porte de Vanves ou de la Porte de Clignancourt, ou bien toutes les brocantes des quartiers parisiens. Il nous arrive de revenir chargé, et d'autres fois sans rien.

CDC : Dans quel film ou livre pourriez vous vous retrouvez totalement ?

MMdC : Mon livre préféré du 18ème siècle est Vie et Opinions de Tristram Shandy, gentilhomme de Sterne ; pour ce qui est du 19ème je dirai A Rebours de Huysmans bible de décadence, pour le 20ème,  Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald, n'importe quel livre de Drieu la Rochelle qui écrivait très bien ; malgré ses préferences politiques, je le trouve passionnant.  Entre les Italiens : Gabriele d’Annunzio et Curzio Malaparte.
Sorrel : Les fleurs du Mal de Beaudelaire.

CDC : Maximilien il vous arrive de poser et Sorrel, exposez-vous ?

SS : Certaines de mes oeuvres sont actuellement exposées Galerie Cabinet des Curieux.
MMdC: J'en ai fait 2 il y a très longtemps, nous étions plusieurs artistes. Globalement, Boni de Castellaneje préfère travailler pour des particuliers. Je fais beaucoup d'illustrations pour les livres, des petits dandys snobinards (rire). 

Recemment j'ai travaillé sur Boni de Castellane L'arte di essere povero (L’art d’être pauvre): il s'agit de la mémoire d'un dandy. Globalement il explique comment vivre en dandy, même sans argent. Boni était un proche de Marcel Proust et à rencontré énormément de personnages intéressants au cours de sa vie. J'ai rédigé une longue introduction pour la premiere edition italienne.

CDC : Si j'ai bien compris, Maximilien vous êtes d'origine Italienne, et vous Sorrel d'origine Américaine, pouvez vous nous parler un peu de votre rencontre ?

MMdC et SS : Nous nous sommes connus à Venise, ensuite nous nous sommes revus à Turin, pour enfin se retrouver à Paris, pour une dizaine de jours. Finalement elle est partie à New York pendant six mois, et nous nous appelions tous les jours. A son retour, nous nous sommes encore retrouvés à Paris. Tout est bien qui finit bien. Nous envisageons même de nous marier.

Sorrel Smith

CDC : Que représente l'amour à vos yeux ?

SS : Je ne savais ce qu'était l'amour avant de rencontrer Massimiliano, chacun de nous est un peu son miroir.

CDC : Maintenant une petite question amusante, si vous inversiez les rôles, Maximilien en femme et Sorrel en homme. Cela donnerait quoi à votre avis ?

MMcD : En femme je suis horrible.

SS : Cela donnerait un couple normal, en fait.

CDC : Peux t'on vous croiser l'un sans l'autre ?

SS : Cela arrive, le soir, ou bien lorsque nous voyageons de part et d'autres.

CDC : Vos séances de dessin (Dr Skeetchy) sont vraiment particulières, l'ambiance y est décontractée. Pourriez-vous nous en dire plus sur l'organisation de ces évènements ?

SS : Cela se déroule une fois par mois. Chaque mois nous choisissons un thème différent, délirant, comme films noirs, opéra, Jouets, Man Ray... je veux que cela reste vraiment amusant pour les gens présents - aussi bien pour les artistes, que pour le publique. Cela change beaucoup des cours de dessin traditionnels. L'objectif est que tous y prennent du plaisir a dessiner des beaux modèles en costumes extravagants. Il y a également des concours de dessin, avec des petits objets à gagner : caches-tétons, fouets roses en strass, etc...

Dr Sketchy IllustrationDr Sketchy IllustrationDr Sketchy Illustration

MMdC : Nous disposons d'une belle collection de costumes ; chaque année nous participons au Carnaval de Venise, au fur et à mesure, nous avons réussi a emmagasiner de nombreuses tenues avec lesquelles Sorrel deguise ses modèles.

CDC : Ou pourrions nous avoir l'occasion de vous croiser ?

SS : Au Fumoir, à la Fée Verte rue de la Roquette, au Jardin du Luxembourg ou bien actuellement nous sommes presque tous les soirs chez Tommy Dollar (rire).

Massimilano & Lada RedStar - Artiste Effeuilleuse Burlesque Massimilano & Lada RedStar - Artiste Effeuilleuse Burlesque

Massimiliano et sa muse.

CDC : Merci beaucoup de nous avoir accordé un peu de votre temps, d'avoir bien voulu répondre à nos questions, souhaitez-vous passer un message ou un petit mot aux visiteurs de notre site ?

SS : J'encourage les gens de s'habiller de manière plus voyante, et je donnerai bientôt des cours de coiffure Rétro, notament années 20.